mercredi 12 septembre 2012

b-and-you ou comment payer 400 EUR pour 40 Mo de données !

Récemment passé chez b-and-you et voyageant souvent à l'étranger, j'ai eu la désagréable surprise de constater un hors forfait de plus de 500 EUR au mois d'août dernier constitué majoritairement d'un hors forfait data de presque 450 EUR ! Voyez vous-même :



La zone B étant en fait Montréal où j'ai passé quelques jours... La zone A correspondant à Vienne.

Ayant déjà voyagé à l'étranger avec mon forfait b-and-you, j'avais reçu des SMS de notifications des tarifs. Jusqu'à peu, les tarifs pour la data étaient indiqués en ko. C'est un peu comme si le prix à la pompe était indiqué par millilitre. Ça donne une impression de bon marché mais c'est réellement hors de prix. Rions un peu...


0,001 EUR au Ko, ça équivaut à... 1048,576 EUR le Go (0,001 x 1024 x 1024 car 1 Mo = 1024 Ko et 1 Go = 1024 Mo).

Puis, voici  le message d'information très clair quant au prix de la data au Canada  :



Notons que j'ai reçu ce message 6 fois pendant les 2 jours où je suis resté là bas. Là aussi, b-and-you fait fort.

On peut parler d'un manque d'information.

Théoriquement, une telle surprise en découvrant sa facture n'est pas possible. En effet, l'opérateur doit envoyer un SMS de notification dès qu'un certain seuil de hors forfait est dépassé. De plus, le hors forfait est alors bloqué et l'abonné doit débloquer son forfait en se connectant à son compte ou en renvoyant un certain mot clef par SMS. Chez b-and-you, ce montant est fixé en Mo (70 par défaut et peut-être modifié à volonté) et non en EUR.

Ce n'était pas mon cas... J'aurais du recevoir un SMS et je ne l'ai pas reçu enfin si mais pas tout à fait celui auquel je m'attendais (suspens). Voici le SMS envoyé par b-and-you en cas de dépassement de seuil à l'étranger :


Pas très clair en termes de prix. Après avoir exprimé le prix de la data au Ko, b-and-you exprime le hors forfait en Mo.

Je contacte donc le service client pour demander le remboursement...



Puis, voici la réponse de leur service client après avoir envoyé un courriel à ce sujet via le formulaire de contact disponible depuis leur selfcare :



On peut constater que leur réponse est hors sujet. Je ne conteste pas que la consommation a été faite depuis ma ligne. Et après, comme si de rien n'était, leur service client laisse entendre que c'est certainement de ma faute.

Après avoir vérifié les options sur mon contrat (que je n'ai pas modifié depuis l'ouverture de la ligne), je constate que cela est... faux.



En fait, je parle en hors forfait en EUR et le conseiller me parle en hors forfait en Mo.

Même s'il est vrai que b-and-you a appliqué sa logique de prévention par SMS, celui-ci aurait du se déclencher sur un seuil en EUR et non en Mo. Sinon, dans le cas où le Go coûte 10 000 EUR, on en vient à des factures de 400 EUR pour 40 Mo, le hors forfait est bien bloqué au delà mais il est déjà trop tard. On notera que contrairement à ce qui est indiqué sur leur site, l'arrêt est déclenché dès 40 Mo au lieu de 5 Mo comme indiqué. Ce qui prouve bien que b-and-you ne maîtrise absolument pas la gestion des hors forfaits.

Après m'être exprimé durement sur leur compte Twitter, un conseiller m'a contacté et m'a indiqué qu'ils procéderaient à une rectification sur ma prochaine facture. Geste salué sur le coup mais non suivi d'action un mois après. Ma facture de septembre ne comporte aucune annulation.

En conclusion, on peut constater plusieurs aberrations chez b-and-you :
  • L'indication des tarifs de la data au Ko.
  • L'indication des dépassements de seuil en Mo et non en EUR.
  • Le blocage se fait à partir de 40 Mo au Canada et non 5 Mo comme indiqué sur leur site. De quoi faire un hors forfait de 400 EUR au lieu de 50 EUR.
  • Un traitement par email lamentable des plaintes clients.
  • Une promesse non suivi d'action (on appelle ça un mensonge) de la part de ses community manager.
On peut penser que b-and-you pratique des tarifs exorbitants sur la data à l'étranger (10 000 EUR le Go au Canada) mais c'est son droit. En revanche, informer le client et mettre en place des mécanismes pour éviter de le mettre dans cette situation (imaginez si quelqu'un gagnant le SMIC se retrouvait avec une facture de 500 EUR...), c'est son devoir.

J'espère toujours une réponse de cet opérateur mais étant donné l'accumulation d'erreurs et de manquements, je pense qu'il est bon d'en informer le reste de leurs clients ou futurs clients. Qu'ils savent à quoi s'attendre.

MàJ

 B-and-you a finalement remboursé 350 EUR sur la facture. Merci à eux.

 

mercredi 1 août 2012

Qu'attendre de la prochaine keynote d'Apple ?

La prochaine keynote d'Apple aura lieu le 12 septembre, selon les dernières rumeurs. Qu'attendre de cette keynote ?

iPhone 5 - c'est sûr, mais quelles fonctionnalités ?

Un écran plus haut. C'est certain, les derniers smartphones qui ont fait un carton avaient tous un écran plus grand (le Note, le S3, etc). Néanmoins, un écran plus large aurait été apprécié...

Une puce NFC. Le Samsung Galaxy S3 en intègre déjà une, ainsi que le dernier Nexus S de Google. La technologie commence à faire son apparition un peu partout dans le monde et il n'est pas certain qu'Apple puisse retarder son intégration encore longtemps. Toutefois, Apple a plutôt tendance à intégrer une technologie une fois que celle-ci est éprouvée (facetime ne sera disponible en data qu'à partir du moment où la 4G sera déployée et ne l'a pas été en 3G car l'expérience était jugée trop décevante) ainsi il se peut qu'ils gardent cela pour le 5S.

La 4G. Une évidence... De plus, la technologie est déjà sortie au sein du dernier iPad.

Un iPad mini ? Pourquoi pas, mais...

Avec le succès de son Nexus 7, Google voit son avenir dans le secteur des tablettes s'éclairer. Apple avait frappé un grand coup avec la sortie du nouvel iPad en mars, en proposant son ancien modèle dès 400 dollars. Néanmoins, le Nexus 7 est 2 fois moins cher et certains pourraient être intéressés par l'économie réalisée. En effet, le Nexus 7 fait partie de ces appareils "80-50", c'est-à-dire réalisant 80% des fonctionnalités attendues, pour la moitié du prix. Cependant, Steve Jobs était plutôt contre cette idée et il est improbable qu'Apple ait pu concevoir et produit un iPad mini en si peu de temps après sa mort. Je rejetterai donc cette idée et si iPad mini il y a, ça serait plutôt pour l'année prochaine...

En conclusion...

Les espérances sont là mais pour la seconde année consécutive, Apple aura du mal à être à la hauteur des attentes. L'innovation avec un grand I (n'en déplaise à Apple) ne sera pas au rendez-vous. La seule distinction visible entre l'iPhone 4 et le 5 sera sa longueur, aussi ai-je du mal à croire que cela sera suffisant pour celles et ceux qui aiment afficher leur (soit-disant) différence en arborant fièrement leur nouveau hochet technologique. Peut-être devraient-ils enfin lancer des couleurs d'iPhone différentes, à la manière de l'iPod. Mais lancer un produit avec des couleurs différentes, cela a un coût et il n'est pas certain que Tim Cook ait la même liberté que Steve Jobs (qui avait décidé de lancer le premier iMac en 5 coloris différents, seulement 6 mois après la sortie de sa première version et sans aucun business plan, une première dans le monde technologique).

mardi 22 novembre 2011

Comment importer proprement ses contacts (Outlook ou autres) dans Gmail Contacts

Cet article vous explique comment importer vos contacts depuis un fichier CSV vers Gmail Contacts. Ayant été confronté à la problématique et n'ayant pas trouvé la réponse simplement, j'explique donc ci-après comment réussir son importation, à tous les coups.

Depuis Gmail Contacts, commencez par créer un contact, si vous n'en avez pas déjà. Il n'est pas obligatoire de renseigner tous les champs mais renseignez au moins ceux que vous voudrez importez. Si pour vous, le numéro de fax est important, renseignez le dans ce faux contact, ceci afin de pouvoir identifier facilement les champs importants plus tard.

Ensuite, exportez votre contact dans le format CSV pour Google (et non pour Outlook).

Ouvrez le fichier avec Excel, si vous avez une version française d'Excel, vous devriez avoir quelque chose d'assez indigeste de la forme suivante :


Rien d'inquiétant, il suffit de mettre en forme les données en indiquant à Excel que les virgules sont des séparateurs de colonnes. Pour cela, sélectionnez les 2 cases (A1 et A2 normalement), allez dans l'onglet ou le menu "Données" > "Convertir", choisissez "Délimité", faites "Suivant", et cochez uniquement la virgule puis cliquez sur "Fin". Vous devriez alors avoir le résultat suivant :


Ensuite, sous chacun des champs, copiez les valeurs correspondantes de votre CSV initial dans lequel vos colonnes pouvaient porter des noms incompris par Google. Par exemple, Google Contacts ne comprendra pas le nom de la colonne "Mobile" mais comprendra son équivalent Google "Phone 1 - Value". A vous d'utiliser votre bon sens pour associer les valeurs aux bonnes colonnes dans le fichier CSV exporté depuis Google Contacts.

Exemple, si vous aviez un fichier de contacts qui ressemblait à ça :


Alors, en l'intégrant au fichier exemple de Google Contacts, ça va ressemblez à ça en début de fichier :


Et en fin de ligne... Google Contacts ajoute des champs par défaut pour assigner vos contacts à un groupe par défaut et définir le type de champ "mobile" donc vous devrez les recopier pour chacune de vos lignes, ainsi, après avoir coller vos champs persos, dans l'exemple ci-dessous, le champ mobile, vous devrez aussi copier le type de champ, ainsi ceci :


Deviendra cela :


Vous voila presque prêt(e) à importer vos contacts. A partir d'ici, faites un enregistrement en format CSV de votre fichier. Excel vous avertira que vous allez perdre la mise en forme et patati et patata, bref, ne vous laissez pas faire et enregistrez le bien au format CSV. L'Excel français a la mauvaise manie de vous obliger à utiliser le point virgule comme séparateur, ce que n'accepte pas Google Contacts. Ainsi, une fois enregistré au format CSV, ouvrez votre fichier avec un simple éditeur de texte et remplacez tous les points virgules par des virgules (généralement dans le menu Edition > Rechercher > Rechercher et remplacer).

Vous passez ainsi de ceci :


A cela :


N'oubliez pas d'enregistrer le fichier une fois le remplacement fait.

A partir d'ici, ce n'est que du bonheur, vous n'avez plus qu'à faire une importation dans Google Contacts via le menu suivant "Plus > Importer" depuis "Contacts" :


Vous sélectionnez votre fichier CSV que vous venez de retoucher et le tour est joué.

Votre belle liste de contacts est désormais importée proprement, tous les champs vous intéressant étant renseignés correctement dans Google Contacts.

Vous pouvez compléter cette importation par une synchronisation de vos contacts avec votre mobile, le tutoriel de Google étant bien expliqué pour cette partie, il m'est inutile de le reprendre.

mardi 4 octobre 2011

Le marketing jetable ou comment tuer les bonnes idées

En me rendant chez Monoprix récemment, je me suis aperçu que la réduction qui est normalement octroyée lors de l'achat d'un sandwich, d'un dessert et d'une boisson n'avait pas été appliquée. En y regardant de plus près, je me suis rendu compte que Monoprix avait changé l'offre en proposant désormais des formules à 5, 7 et 9 Euros. Ces formules vous obligent notamment à inclure le plus possible de produits "Monop" dans votre formule pour pouvoir s'appliquer. On voit clairement ici l'intention de Monop d'augmenter leurs marges en refusant d'appliquer une réduction pour ceux qui choisissent des produits de marque d'un côté et en forçant les clients à "préférer" leurs produits à ceux des marques de l'autre.

Autre exemple, à la Fnac, la carte de fidélité offrait aux clients 3 points et aux jeunes 5 points, pour tout achat réalisé, qu'il soit de 1 EUR ou de 100. La Fnac récompensait ainsi la visite elle-même et non le panier moyen, en espérant que celui qui viendrait acheter ses livres viendrait aussi y acheter sa télé le jour venu. Pour 50 points, la Fnac offrait un chèque cadeau de 10 EUR, plutôt pas mal ! L'offre fut ensuite modifiée pour offrir aux jeunes seulement 3 points. Puis, elle fut à nouveau modifiée pour offrir des points en fonction du panier client. Ainsi, l'achat était récompensé différemment suivant son montant. Aujourd'hui, 1 EUR = 10 points et 4000 points = 10 EUR, ainsi vous faudra t-il débourser 400 EUR (moitié moins si vous achetez beaucoup de jeux-vidéo) pour obtenir 10 EUR. Autant dire une augmentation importante des marges de la Fnac qui se traduit par une carte de fidélité beaucoup moins intéressante.

Et ces exemples se comptent par milliers. Une bonne idée marketing est une idée bonne pour le client, bonne pour l'entreprise qui la met en place. Tant que l'équilibre est respecté, les 2 parties continueront à y trouver leur compte. En touchant à un produit marketing, il faut aussi prendre en compte son historique et son contexte. Certes, réduire les points d'une carte de fidélité, ou favoriser les produits "maison" va augmenter les marges de l'entreprise. Mais qu'en est-il de l'impact de ces modifications sur le taux de fidélité de ces clients, sur le CA généré, etc ?

Dans ce système, les chefs de produit marketing seront même récompensés d'avoir su augmenter les marges à leur niveau et interviendront donc à nouveau pour modifier encore le concept, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus que des miettes. A ce stade, un autre chef de produit tirera la sonnette d'alarme et viendra avec une nouvelle idée pour remplacer l'ancienne. Cette dernière idée sera à nouveau revue et corrigée jusqu'à ce qu'à nouveau, il n'en reste que des miettes.

A l'autre extrême, il existe des sociétés qui ne modifient rien à certains concepts de base car elles ont compris que "la vérité est ailleurs". Par exemple, des entreprises comme Free ou comme leboncoin.fr vont faire preuve d'une certaine immobilité dans leur offre ou dans leur présentation. Une offre unique à laquelle, à l'inverse de diminuer l'intérêt pour le client, on l'augmente à chaque fois. Free offre à ses clients toujours plus, pour le même prix (ou presque si on regarde la nouvelle box). Leboncoin.fr n'a pas changé sa page d'accueil depuis le début pratiquement et s'enrichit chaque jour de nouvelles catégories.

Aussi, faut-il un juste équilibre entre les intérêts de l'entreprise et les intérêts du client. Dans un monde idéal, les intérêts seraient exactement les mêmes.

Cette conception du marketing jetable est erronée et lui confère une très mauvaise image, pire encore, elle confère une piètre image de votre entreprise. Si à votre niveau, vous vous rendez compte que vous passez plus de temps à modifier un concept existant qui fonctionne pour petit à petit le réduire en miettes qu'à créer de nouveaux produits ou concepts dans l'intérêt de vos clients, il est grand temps de changer d'entreprise.

vendredi 5 août 2011

iPhone 5 : les fonctionnalités attendues & annoncées

L'iPhone 4, c'est bien. L'iPhone 5, c'est mieux. Petit tour d'horizon des fonctionnalités que j'attends de ce nouveau modèle. L'annonce prématurée de l'iOS 5 n'empêchera certainement pas Apple de sortir d'autres nouveautés, notamment matérielles, lors de la sortie du nouveau modèle. Et oui, il faut bien vendre la bête à coups de nouveautés :)

Une coque arrondie

L'iPhone 3 avait une coque arrondie et la prise en main était plus agréable, on sentait le téléphone intégré à la main, la coque plate nous donnant trop l'impression de fragilité dans sa prise en main. Espérons donc que l'iPhone 5 signe le retour de la coque arrondie.

NFC

Habituellement, les nouvelles versions de l'iPhone sortent en juin alors pourquoi l'iPhone 5 est-il annoncé en octobre 2011 ? Peut-être que, suite à la sortie du Nexus S embarquant une puce NFC et connaissant un succès grandissant (voir les commentaires largement en sa faveur de mon précédent article iPhone 4 vs Nexus S), Apple s'est décidé à intégrer une puce NFC dans son prochain modèle, chose peut-être pas prévue initialement. L'ajout d'un nouveau composant étant toujours une étape douloureuse (mais où va t-on le mettre ?), on peut imaginer qu'un délai supplémentaire a été nécessaire. Cela dit, 4 mois, c'est peu de temps pour intégrer un composant à la dernière minute. Je pense donc que l'iPhone 5 n'intègrera pas de puce NFC.

Empreinte digitale

Je trouve très contraignante la saisie de 4 chiffres à chaque déverrouillage de l'iPhone 4. Une reconnaissance de notre empreinte digitale serait tellement plus simple. J'avais essayé cette technologie sur un Sony Vaio à l'époque et je dois dire qu'elle m'avait énormément séduite.

Menu rapide pour Wi-Fi / Bluetooth, etc

Activer ou désactiver le Wi-Fi est bien fastidieux, un menu rapide accessible en haut de l'écran serait tellement plus sympathique...  En même temps, si la gestion du Wi-Fi était plus efficace, nous n'aurions pas à l'activer / désactiver tout le temps. Je parle des fenêtres intempestives de choix de réseau Wi-Fi dès qu'on change d'endroit ou qu'on lance une application.

Sa musique dans le cloud

Cette fonctionnalité ne me serait que peu utile, étant déjà abonné chez Spotify et n'utilisant par iTunes. Je ne comprends pas les gens qui souhaitent "détenir" un morceau de musique numérique. Le fait même qu'il soit reproductible à l'infini retire toute notion d'appartenance. Il est alors évident qu'on paie pour un service (il faut payer les serveurs, le personnel, etc

Tuer toutes les applis d'un coup

Parfois, l'iPhone ralentit et en tuant toutes les applications, on sent qu'il respire à nouveau. Un bouton "kill all" serait donc le bienvenu.

Meilleure gestion des notifications (à la Android)

Cette fonctionnalité a été annoncée dans l'iOS 5 et est effectivement un point fort de l'OS Android. Toutes les notifications (SMS, email, appel, etc) au même endroit, cela me semble une bonne chose :)


Voila, et vous, qu'attendez-vous de ce nouvel iPhone 5 ?

lundi 2 mai 2011

Pourquoi Apple et Google vous localisent ?

Une certaine ressemblance avec Steve Jobs, vous ne trouvez pas ? :)

Ces derniers jours, un débat a fait grand bruit dans la presse à propos de l'enregistrement de vos données de localisation par vos Smartphones, notamment Apple (via son iPhone) et Google (via son OS mobile Android).

Une réponse de la part d'Apple sur les raisons de localiser ses clients a d'ailleurs été faite récemment.

Que penser de cette réponse ? Apple et Google vous mentent-ils ? Pourquoi ont-ils intérêt à enregistrer vos déplacements ?

Tout d'abord, regardons rapidement les raisons de croire Apple / Google :
  • La rapidité et l'ergonomie est effectivement au coeur de la stratégie de ces entreprises. Plus on trouve des réponses rapidement, plus la satisfaction est grande. Qui veut d'un téléphone qui prend 30 secondes à vous localiser ? Personne...
  • La rapidité de réponse de la part d'Apple, à peine une semaine plus tard, un communiqué officiel. Steve Jobs avait lui-même répondu quelques jours plus tôt par email à un client énervé en disant que l'iPhone n'enregistrait pas ses données de localisation. Quand on ne sait pas quoi dire, on se tait (cf. Fukushima); ce n'est pas le cas d'Apple ici.
Et les raisons de ne pas les croire :
  • Google a déjà été épinglé pour avoir enregistrer les données personnelles d'utilisateurs de Wi-Fi avec ses voitures prenant des photos pour Google Street View.
  • Grâce à Wikileaks, nous savons que la Maison Blanche a demandé à ses officiels de relever toute empreinte, ADN, etc des dirigeants étrangers au sein même de l'ONU. De là à penser qu'ils demanderaient officieusement aux entreprises américaines de tracer tous les individus, il n'y a qu'un pas. Néanmoins, la Maison Blanche a demandé des explications à ces entreprises, ce qu'elle n'aurait pu faire si elle avait été à l'origine de l'affaire.
  • Sous excuse technique, on peut facilement faire croire n'importe quoi à quelqu'un de non technophile. Néanmoins, les blogs de technophiles sont là pour examiner la véracité de ces propos et n'hésiterons pas à réfuter tout argument qui ne tiendrait pas la route.
  • La localisation est un enjeu majeur de cette prochaine décennie. Groupon l'a très bien compris. Ces données valent de l'or, autant les enregistrer, on verra bien ce qu'on en fera plus tard.
En conclusion : n'étant pas partisan de la théorie du complot et prenant en compte les arguments techniques avancés par Apple ainsi que leur rapidité de réponse, je pense qu'effectivement, Apple ne trace pas nos déplacements à des fins purement mercantiles ni de surveillance. En revanche, cette affaire aura mis en lumière l'importance de la transparence et de la communication d'autant plus importante pour une société technologique, dont la simplicité apparente des produits relève d'une complexité rare.

jeudi 7 avril 2011

Comment les éditeurs de jeux vidéo fixent les prix de vente...

Si vous êtes amateurs de jeux vidéo, ce billet va vous intéresser. Achetez-vous vos jeux neufs ou d'occasion ? Dès la sortie ou plusieurs mois après ? Avez-vous remarqué comme le prix du jeu neuf diffère toujours très peu du prix du même jeu vendu d'occasion ?

C'est à l'occasion de la recherche du dernier jeu que je voulais acquérir que je me suis rendu compte de l'existence d'un lien direct entre le prix du jeu neuf et du jeu d'occasion. Le prix du jeu neuf était toujours quelques euros au dessus du prix du jeu d'occasion.

J'ai donc essayé de modéliser la corrélation entre ces 2 prix. Les paramètres à prendre en compte me semblaient donc être :
  • prix de la copie neuve
  • prix de la copie d'occasion (= prix de la copie neuve * taux du prix de la copie d'occasion)
  • nombre de copies neuves vendues par mois
  • taux de revente (nombre de reventes d'occasion du jeu)
  • période de conservation de la copie du jeu
En mettant ceci sous forme de feuille de calcul, on voit qu'on arrive à déterminer une suite de prix dans le temps qui dépend de tous ces paramètres. A noter que pour plus de simplicité, je n'ai pas pris en compte la période de conservation de la copie, que j'ai donc estimé à 1, l'acheteur revendant son jeu dans le même mois que son achat.

La feuille de calcul proposant de déterminer le prix du jeu vidéo dans le temps a été mise dans Google Documents.Je l'insère en iframe ci-dessous également sans savoir ce que le rendu va donner :(



On remarquera qu'à partir d'un certain nombre de périodes, la formule donne un prix négatif. L'éditeur prendra donc soin de fixer le prix minimum que son jeu doit atteindre.

On voit qu'il y a plus de copies d'occasions vendues que de copies neuves ! Et c'est pour cela que l'éditeur a intérêt à suivre de très près le prix de l'occasion afin de s'assurer qu'entre la version neuve et la version d'occasion, l'acheteur préfèrera acheter la copie neuve, ce qui assure un revenu à l'éditeur alors que l'occasion ne lui assure aucun revenu supplémentaire. Cet algorithme existe très certainement déjà chez les éditeurs puisqu'à l'opposé de suivre, il permet d'anticiper le marché et donc de toujours proposer le prix le plus adapté pour assurer la vente des copies neuves, source de profits.

C'est aussi pour cette raison que je pense que pour une version numérique d'un produit, le prix de vente devrait être fixé dynamiquement par rapport aux volumes de ventes déjà réalisées, les premiers acheteurs payant pour la primeur du produit. En effet, qui dit produit numérique, dit impossibilité de revente du produit.

Aussi, tant que nos chers éditeurs de jeux, majors du disque, et autres n'auront pas intégré cet élément, il me semblera toujours plus intéressant d'acheter une copie physique (DVD, CD, etc) plutôt qu'une copie dématérialisée d'un bien culturel, le support physique permettant une conservation plus longue et surtout offrant la possibilité de revente sur le marché de l'occasion.

CV Matthieu Oldfield