jeudi 7 avril 2011

Comment les éditeurs de jeux vidéo fixent les prix de vente...

Si vous êtes amateurs de jeux vidéo, ce billet va vous intéresser. Achetez-vous vos jeux neufs ou d'occasion ? Dès la sortie ou plusieurs mois après ? Avez-vous remarqué comme le prix du jeu neuf diffère toujours très peu du prix du même jeu vendu d'occasion ?

C'est à l'occasion de la recherche du dernier jeu que je voulais acquérir que je me suis rendu compte de l'existence d'un lien direct entre le prix du jeu neuf et du jeu d'occasion. Le prix du jeu neuf était toujours quelques euros au dessus du prix du jeu d'occasion.

J'ai donc essayé de modéliser la corrélation entre ces 2 prix. Les paramètres à prendre en compte me semblaient donc être :
  • prix de la copie neuve
  • prix de la copie d'occasion (= prix de la copie neuve * taux du prix de la copie d'occasion)
  • nombre de copies neuves vendues par mois
  • taux de revente (nombre de reventes d'occasion du jeu)
  • période de conservation de la copie du jeu
En mettant ceci sous forme de feuille de calcul, on voit qu'on arrive à déterminer une suite de prix dans le temps qui dépend de tous ces paramètres. A noter que pour plus de simplicité, je n'ai pas pris en compte la période de conservation de la copie, que j'ai donc estimé à 1, l'acheteur revendant son jeu dans le même mois que son achat.

La feuille de calcul proposant de déterminer le prix du jeu vidéo dans le temps a été mise dans Google Documents.Je l'insère en iframe ci-dessous également sans savoir ce que le rendu va donner :(



On remarquera qu'à partir d'un certain nombre de périodes, la formule donne un prix négatif. L'éditeur prendra donc soin de fixer le prix minimum que son jeu doit atteindre.

On voit qu'il y a plus de copies d'occasions vendues que de copies neuves ! Et c'est pour cela que l'éditeur a intérêt à suivre de très près le prix de l'occasion afin de s'assurer qu'entre la version neuve et la version d'occasion, l'acheteur préfèrera acheter la copie neuve, ce qui assure un revenu à l'éditeur alors que l'occasion ne lui assure aucun revenu supplémentaire. Cet algorithme existe très certainement déjà chez les éditeurs puisqu'à l'opposé de suivre, il permet d'anticiper le marché et donc de toujours proposer le prix le plus adapté pour assurer la vente des copies neuves, source de profits.

C'est aussi pour cette raison que je pense que pour une version numérique d'un produit, le prix de vente devrait être fixé dynamiquement par rapport aux volumes de ventes déjà réalisées, les premiers acheteurs payant pour la primeur du produit. En effet, qui dit produit numérique, dit impossibilité de revente du produit.

Aussi, tant que nos chers éditeurs de jeux, majors du disque, et autres n'auront pas intégré cet élément, il me semblera toujours plus intéressant d'acheter une copie physique (DVD, CD, etc) plutôt qu'une copie dématérialisée d'un bien culturel, le support physique permettant une conservation plus longue et surtout offrant la possibilité de revente sur le marché de l'occasion.

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CV Matthieu Oldfield